Le bateau a été abandonné par son propriétaire dans un village d'Isère, il y a quelques années : il fut donné en paiement d'une réparation à un mécanicien automobile qui rangea le bateau derrière son hangar, exposé aux intempéries. Après plusieurs années, las de voir ce bateau encombrer son terrain, le garagiste décida de le découper à la tronçonneuse pour le brûler. In extremis, l'un de ses amis l'en dissuada et, promettant de l'en débarrasser, le mis en vente aux enchères sur un site Internet : deux petites photographies floues accompagnées d'un commentaire laconique « Bateau en bois sans moteur ». Je fus le seul enchérisseur. C'est ainsi que j'ai fait l'acquisition de ce bateau, alors de marque inconnue, pour une somme dérisoire.
J'ai entreposé le canot chez un ami, puis je me suis lancé à la recherche d'informations pour identifier le bateau. C'est en Belgique que j'ai retrouvé la trace du constructeur : j'ai eu la surprise d'apprendre que les établissements Poncelet, probables constructeurs de mon bateau, étaient encore en activité. L'existence de l'entreprise reposait désormais principalement sur deux activités : la vente de panneaux solaires et la fabrication d'hélices d'avion en bois. Aucun bateau n'était sorti des ateliers depuis longtemps. J'ai pris contact avec Monsieur Roger Poncelet, et je lui ai décrit le bateau afin de vérifier qu'il s'agissait bien d'un des canots sortis de ses ateliers. Certain d'avoir retrouvé l'un des bateaux fabriqués par son père, Monsieur Poncelet m'invita alors à venir en Belgique lui montrer le canot afin qu'il l'expertise et me donne des conseils pour en commencer la restauration. Ce que je fis.

Monsieur Poncelet ayant émis un verdict positif sur la faisabilité de mon projet de restauration (pas de pourriture du bois, pas de grosse réparation à part un trou important dans la coque), je lui ai confié la réparation du trou dans la coque, puis, de retour en France, je me suis mis au travail.